Le confort à bord : il n’y en a pas ! Enfin si pour moi, après déjà deux jours de course, je vous assure qu’avoir le droit de faire ma sieste dans une bannette ou avoir le temps de me faire un repas chaud, c’est déjà du confort, voir un luxe ! Les courses en solitaire en figaro sont intenses et laissent peu de place à l’ennui. Si je ne suis pas à la barre je règle mes voiles, si je ne règle pas mes voiles je suis derrière mon ordi à préparer ma navigation… Donc lorsque l’on peut s’octroyer une petite pause, la question est “De quoi ai-je le plus besoin ?. Il faut alors faire le choix de manger ou dormir, ou aller aux toilettes. Retour aux besoins primaires !

Le lit king size
La plupart du temps je dors en ciré, mouillée, ou humide si j’ai de la chance, dans un pouf à billes que je déplace dans le bateau en fonction des besoins. Voir parfois quand j’ai peu de temps, je fais une petite sieste “flash” et je dors juste dix minutes, dehors au fond du cockpit. Donc effectivement, quand le bateau est bien équilibré et que je peux :
- me mettre dans ma bannette au vent, bien calée dans mon pouf,
- enlever mon gilet de sauvetage, voir ma vareuse,
- faire 20 minutes en continues de sieste,
je m’estime, très, très chanceuse.
Le restaurant avec room service
La même notion de confort “made by la course au large” s’applique à mes repas : si le bateau ne bouge pas trop, si je sais que je peux avoir un peu de temps, j’utilise mon jetboil pour réchauffer un appertisé (plat en sauce mis sous vide que je réchauffe au bain marie). Sinon je remplis les poches de ma salopette de barres de céréales, pom potes, fruits secs… Et le défi est de taille, car en moyenne, lorsque je suis en mer, je suis censée doubler mes apports caloriques, donc manger deux fois plus. Or c’est difficile en pleine course de trouver le temps de faire non pas 3 repas, mais 6 !
Les cabinets
Dans un bateau il y a trois seaux : un de secours qui est rangé, un pour faire la cuisine ou écoper et un… pour les toilettes. C’est ensuite que ça se complique. Un bateau bouge et mouille. Donc il faut attendre le bon moment et bien caler notre seau !
La douche italienne
C’est simple, sur une course de 4 ou 5 jours, on ne prend pas de douche : simple, rapide et économique ! Si le temps ou la course le permet, on se rince juste le visage et les mains à l’eau douce, ou on improvise une petite toilette de chat avec des lingettes bébé. Autant vous dire qu’à l’arrivée, c’est l’une des premières choses que je fais !
Tant que je suis en mer, je ne me rends plus compte de toutes ces complications. Pour moi elles font juste partie intégrante de mon bateau. Et quand je monte à bord, je switche de mode : je quitte mon confort terrien pour aller chez moi, sur l’océan. De vivre de manière aussi simple me permet aussi de mesurer mon impact sur l’environnement lorsque je suis à terre. Les chiffres parlent d’eux même :
- Douche : A terre : 300l/5 jours En mer : 1l/5 jours
- Toilettes : A terre : 180l/5 jours En mer : 0l
- Cuisine & Ménage : A terre : 40l/5 jours En mer : 0l
Attention, je ne dis pas qu’il faut tout arrêter ou aller vivre sur bateau ! Tout comme vous, j’apprécie grandement le plaisir d’une douche et des toilettes qui ne bougent pas. La navigation est juste une façon de prendre conscience de notre chance d’avoir accès à tout ce confort à terre.


Laisser un commentaire